Ils sont crédibles : Francis Teissier, président de l'association, est membre du Haut Conseil de Déontologie de la Police Nationale.
- "Mais n'est-ce pas antinomique que de faire profession de la force publique, et déclarer son attachement aux valeurs évangéliques ? - Non, répond Dominique, même si l'on peut naturellement nous objecter le caractère parfois répressif de l'exercice de l'autorité publique. On ne peut nier les exemples de la Bible, ni l'étonnement de Jésus devant la foi d'un officier romain (Luc 7/9)."Dominique se présente comme un auxiliaire de justice investi de l'autorité publique pour veiller au respect des lois
"Il nous appartient de faire bon usage de la force qui nous est confiée pour le bien de tous, en agissant avec beaucoup de sagesse et sans abuser de nos prérogatives."A fortiori pour un chrétien. Pas toujours facile ! L'intervention de son équipe dans une cité pour venir en aide à une personne dans un appartement, montre à quel point les missions sont délicates. Dans l'entrée de l'immeuble, un groupe de jeunes entoure les agents et les prend à partie. Une pierre vole dans la pénombre, frôlant la tête de l'un de ses collègues. Il faut gérer l'énervement des deux côtés, essayer de dialoguer, faire appel aux valeurs humaines et aux valeurs spirituelles (les jeunes musulmans se réfèrent aussi à Dieu).
"Tu n'es pas un flic comme les autres", fut la conclusion du chef de la bande. Soulagement ! Cette fois, ça s'est bien terminé, mais il aurait pu en être autrement. Dans une société en ébullition, l'AEPGF se pose, elle aussi, des questions d'ordre éthique. "Il est clair que nous n'entendons donner qu'une position chrétienne conforme à la Bible. Nous n'abordons jamais de débat sur un terrain politique."
Interrogé sur leur réflexion par, rapport à la révolte des jeunes dans certains quartiers, Dominique n'écarte pas les causes économiques et sociales. Mais il va plus loin : "La violence engendre toujours des situations en cascade et dans la démesure, on aboutit souvent très loin du but escompté. La réponse de Dieu à la violence est diamétralement opposée au concept de ce monde. "Mais moi, je vous dis : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent (...)" (Matthieu 5/44). Le seul remède est d'apporter à nos concitoyens le témoignage vivant de Christ. Même si nous devons user de la force strictement nécessaire pour mener à bien notre mission de paix publique, rétablir l'ordre ou interpeller les malfaiteurs, le chrétien doit se garder d'entrer dans le piège infernal consistant à répondre à la violence par une autre violence plus aveugle encore. La fermeté et l'autorité n'empêchent pas d'aimer son prochain."
Il est vrai que le christianisme ne se vit pas dans une bulle, mais dans toutes les dimensions de notre société. Et sous le képi, la grâce de Dieu peut, elle aussi, aider à garder un visage humain.
Robert Muller "En Avant !"