En général ils cherchent à entraîner dans la mort le plus grand nombre possible de personnes, des gens qu’ils ne connaissent pas et qu’ils n’ont aucune raison directe de détester. Une haine aveugle les anime, eux qui ne cherchent pas à savoir qui sera atteint, vieillard, enfant ou bébé, gentil ou méchant, innocent ou coupable. Ce sont des condamnations à mort sans procès, sans avocat, sans justice.
C’est peu de dire que ces gens-là sont désespérés, il faut ajouter, avec la Parole de Dieu, qu’ils font un geste inutile. Et cela pour une raison simple : ils se sacrifient sans amour. Leur haine féroce et cruelle les conduit à tuer sans discernement, ils ne vont engendrer que souffrance et désirs de vengeance, selon les paroles de Jésus : «(…)Remets ton épée à sa place; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée» Matthieu 26:52.
Le message évangélique est avant tout pacifique. Les héros de la foi dont parle le chapitre onze de l’épître aux Hébreux sont reconnus comme tels parce qu’ils ont exercé la justice ou éteint la puissance du feu. S’il ont été « vaillants à la guerre » c’est parce qu’ils ont « mis en fuite des armées étrangères ». Nous sommes loin du lâche massacre d’innocents. Les héros aux yeux de Dieu sont courageux, ils affrontent leurs ennemis en face.
Le premier martyr du christianisme s’appelait Etienne, il préféra mourir plutôt que de renier son Seigneur. Juste avant de succomber sous les pierres cruelles, il eut la force de crier cette prière étonnante : «(…) Seigneur, ne leur impute pas ce péché !(…)» (Actes 7/60). Les martyrs-témoins de l’ère évangélique subissent la mort mais ne la donnent pas, ils ne tuent pas leurs ennemis mais ils les aiment. Ils suivent en cela l’exemple de leur Seigneur et Maître, Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui donna sa vie pour sauver la nôtre, qui accepta d’être blessé à cause de nos péchés. Si la paix vient sur nous, c’est parce que le châtiment est tombé sur lui. (Esaïe 53/5)
Le mot «kamikaze» vient du japonais et signifie «vent divin». Mais il n’y a rien de divin dans cet acte, dont l’auteur cherche vainement à prouver que sa cause est juste. Pour nous, notre privilège est d’aller vers celui qui a dit, en mourrant sur la croix, juste pour des injustes :
« Tout est accompli »
Gérard Fo