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REFUS ... Par Christian CAPRON (Avril 2002)

Qui a dit que la vie avec Dieu était facile ? Certainement pas Moïse. Cependant, cette vie valait tellement la peine d'être vécue que la Bible nous enseigne que l'un des choix les plus marquants de Moïse fut le refus de devenir fils de la fille de Pharaon.

Un avenir doré
Près de quarante ans avaient passé ; Moïse n'était plus le "petit garçon qui pleurait"; il avait grandi au milieu du faste de la cour du Pharaon, instruit à fond dans la sagesse et la science des Egyptiens, comme il convenait au fils adoptif de la fille du roi. Un grand avenir se dessinait pour lui. Il était "puissant en paroles et en oeuvres", héritier probable du trône du pays le plus civilisé de l'Antiquité.
Des milliers et des milliers de personnes auraient facilement envié la place de Moïse. Quel avenir ! Quel prestige ! Quelle aisance de vie ! Quel luxe, pour ne pas dire quelle luxure !

Le choc
Mais, il y a des "mais" qui changent toute une vie : un jour, il apprend que ce peuple d'Israël, méprisé et haï des Egyptiens, est son peuple. Quelle découverte, quel choc pour cet homme vivant dans la somptuosité de la cour du Pharaon orgueilleux et despotique ! Ces Hébreux, "une abomination pour les Egyptiens", étaient ses frères, le peuple de Dieu ! Qu'allait-il faire devant cette découverte ? Faudrait-il donc tout quitter pour s'associer à l'opprobre qui pesait sur eux ? Quel dilemme pour cet homme intelligent ! Un peu de patience, je serai roi sur l'Egypte, alors je pourrai les favoriser, alléger leurs fardeaux. Mon peuple ne sera certainement pas insensible à un acte de compassion ?
Mais la pensée de Dieu était de faire sortir le peuple du pays de l'esclavage. Quelle responsabilité devant cet appel de l'Esprit divin Mais encore et comment pourrait-il quitter cette mère adoptive qui l'avait sauvé des eaux? En avait-il seulement le droit ? Ne fallait-il pas mieux garder tous les nombreux avantages, en essayant, au prix de quelques torsions de la conscience, de faire au mieux ?

Un geste mal compris
La Bible dit : "Il refusa" (Hébreux 11/24-26). "C'est par la foi que Moïse, devenu grand, refusa d'être appelé fils de la fille de Pharaon, aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d'avoir pour un temps la jouissance du péché, regardant l'opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l'Egypte, car il avait les yeux fixés sur la rémunération." C'est alors qu'il sortit vers ses frères. Avec quelle joie allaient-ils accueillir la délivrance !... Mais ils ne le comprirent pas : "Il pensait que ses frères comprendraient que Dieu leur accordait la délivrance par sa main ; mais ils ne le comprirent pas"(Actes 7/25). Ils le rejetèrent. Et maintenant, il lui fallait fuir la colère du roi, fuir l'Egypte où il avait grandi, fuir au désert qu'il ne connaissait pas, et là, simple berger, pendant quarante ans, paître des troupeaux qui ne lui appartenaient même pas en propre.

Dieu plus grand que Pharaon
Voilà ce qu'il avait gagné! Il avait refusé, il avait choisi, il avait fait son estimation, il avait tout abandonné pour Dieu ; sa chair ne trouvait rien en échange. Qui a dit que c'était facile de suivre Dieu ? Certainement pas Moïse ! Je connais nombre de personnes qui pensent qu'elles auraient été moins stupides que Moïse, parce qu'elles n'auraient jamais refusé d'être appelées fils de la fille du Pharaon.
Les échanges se font trop souvent en fonction de ce que la chair peut recevoir. Là, c'est vraiment ne pas voir plus loin que "le bout de son nez". La foi de Moïse était capable de voir plus haut et plus loin. Le Dieu pour lequel il avait tout laissé saurait le récompenser. Moïse entrevoyait la "rémunération". Il ne faisait plus ses comptes selon les mathématiques des Egyptiens, mais selon celles de Dieu, les regards portés sur le Christ. Quelle longueur de vue pour un homme du début de l'Ancien Testament ! Dans ce monde, Moïse tint ferme comme voyant celui qui est invisible. Il connut une communion hors du commun des hommes. Il eut pour ami plus grand que le Pharaon, Dieu en personne. Il fut convié à des rendez-vous où le Pharaon n'aurait jamais pu se rendre, malgré son pouvoir et ses armées: un face à face avec Dieu. Son visage reçut une lumière que toutes les sciences et le luxe de l'Egypte ne pouvaient lui transmettre, la lumière divine. Dieu décida de se charger, lui-même, de son enterrement (Deutéronome 34/6).

La force de la piété
Savoir dire "non", quand le "moi" est en jeu ; ne pas prendre soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises (Romains 13/14) ; refuser la gloire et les honneurs du monde ; résister à l'impureté ; fuir le mal qui, sous tant d'aspects, si subtil parfois, veut s'imposer à nous ; refuser de "rendre hommage" à l'ennemi de nos âmes, même s'il s'agit d'avantages temporels : n'est-ce pas là ce "renoncement" indispensable à ceux qui veulent suivre, de près et non de loin, Jésus? En fixant les yeux sur lui nous apprendrons à refuser, à choisir, à estimer, à regarder à la rémunération divine.
C'est alors que nous entrerons, même après l'isolement du désert, dans la plénitude de la grâce, dans une relation bénie avec Dieu. Car en Christ nous aurons accepté que le mur de la séparation soit complètement renversé, mis en pièces. Ce sera alors la piété avec sa force.

Christian Capron

PENTECÔTE -Avril 2002

article daté du 19-07-2006
   


 

 

 

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