Je viens de lire le compte-rendu de semaines exceptionnelles que notre missionnaire Denis Bordeneuve est en train de vivre au Niger. Il a intitulé son récit «heureux et dépassé». Je ne suis pas étonné qu’il se dise «dépassé». Il s’agit d’une population pauvre, confrontée à la maladie, de mamans qui ont du mal à nourrir leur bébé, de puits qui tarissent. Et ces gens entendent parler d’un serviteur de Dieu, le supplient de venir les visiter et découvrent avec émerveillement que Dieu les aime tant qu’il a donné son propre fils pour les sauver et qu’il répond aux prières. Ils arrivent en foule pour écouter la parole de Dieu, certains font des kilomètres à pied sous la chaleur accablante : des malades sont guéris, une maman peut à nouveau nourrir son bébé, des puits ne tarissent pas et la joie remplit les cœurs. Jésus aime ceux qui souffrent ! Au même moment, en France, des serviteurs, non de Dieu mais de l’Etat semblent, eux aussi, un peu «dépassés». Une jeunesse inquiète de son avenir, qui veut dès 22 ans avoir un emploi stable et définitif, pour pouvoir se payer la voiture, la maison et les meubles, descend dans la rue. Des jeunes riches qui se croient pauvres parce que leur téléphone portable ne fait pas de photos mais dont le cœur est souvent vide car seul Jésus peut le remplir. En face, très loin, un autre peuple, affamé mais heureux, qui découvre, ébloui, du fond de son désert, la Gloire de Dieu. Un Dieu vivant, dont beaucoup d’occidentaux repus ne soupçonnent même pas l’existence ! Il y a des jours où les rapprochements de l’actualité laissent rêveurs…
Gérard FO
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